L’épidémie de la
maladie à virus Ebola qu’a connu la guinée entre 2014 et 2016 a montré la
faiblesse du système de santé. La riposte à cette épidémie a été une grande
leçon pour le monde entier. Elle a permis de revoir le fonctionnement du
système de santé dans toutes ses composantes. Sur le plan structure, il y’a entre
autres la mise en place des centres de traitement des épidémies dans toutes les
préfectures, la création d’une agence nationale de sécurité sanitaire, la mise
à disposition des ressources humaines et la formation de plusieurs cadres de la
santé. Sur le plan processus, il y a les comités de crises dans toutes les
préfectures, les équipes régionales et préfectorales d'alerte précoce et d'intervention rapide. Surtout le renforcement de la surveillance épidémiologique avec l’amélioration de la circulation de l’information
sanitaire par l’implication de la population à la base dans la remontée des
informations.
Quel impact d’Ebola sur la
riposte à la pandémie Covid19 ?
La Guinée est
rentrée officiellement dans cette épidémie covid19 le 12 mars 2020. Un mois
après, il y a 250 cas confirmés, 17 guéris et 0 décès. Comme pendant la riposte
à la maladie à virus Ebola quatre ans plutôt, des mesures ont été prises. Le
contrôle des passagers à l’aéroport, la communication pour les bonnes pratiques
de l’hygiènes des mains et l’identification de tout voyageur en provenance
d’une zone infectée. Les populations ont adhéré à ces mesures. Cependant le
système de santé semble n’avoir jamais gérer une telle épidémie. Que se
passe-t-il au sommet ? Aucuns moyens de protection n’est mis à la
disposition des acteurs pour la riposte. Un agent de sécurité déclare « il
faut nous donner des équipements de protection individuelle. Sinon quand les
gens forcent la situation, nous ne pouvons rien faire… ». Dans les
districts sanitaires, les comités de crise ont du mal à s’activer. La riposte
organisée n’est menée qu’à Conakry, ville la plus touchée actuellement.
Cependant dans d’autres districts, ce ne sont que les populations qui
manifestent leur volonté. Un mois après la déclaration de
l’épidémie dans ce pays, on a du mal encore à se situer dans le processus. On
se sait toujours encore pas qui doit faire quoi dans cette lutte. Pourtant les
chiffres s’alourdissent tous les jours.
Ne faut-il pas
comme la riposte à Ebola décentraliser les activités de celle au covid19 ?
les comités de crise doivent-elles continuer à dormir ? faut-il attendre
qu’un district notifie un cas positif pour qu’il soit intégré dans les
activités de riposte ? Il est encore temps d’agir pour éviter la fuite des
cerveaux des districts. Toutes les activités de routines étant arrêtées pour
cause de cette pandémie, les agents seront obligés de fuir vers les offres
d’emploi. Ce qui créera un déficit en ressources humaines.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire